FRANCE ALLEMAGNE : L’ESCROQUERIE DE LA COMPÉTITIVITÉ

Sous prétexte d’un différentiel de compétitivité avec l’Allemagne, à partir d’une analyse très orientée, le gouvernement lance une offensive pour abaisser les cotisations sociales et les impôts des entreprises et flexibiliser davantage l’emploi.

Après la rigueur et le financement des retraites, c’est la compétitivité qui devient la question essentielle de la politique économique du gouvernement depuis 2008. Un débat qui, pour la droite et le patronat, a l’avantage de mettre en avant leurs deux préoccupations du moment : geler, voire baisser, les salaires et alléger la fiscalité et les prélèvements sur les entreprises.C’est bizarre comme le gouvernement de gauche fait exactement la même politique a une virgule près.

En 2008, Christine Lagarde l’a pointé du doigt : «La crise nous oblige à repenser notre système économique (…) Il faut emprunter à l’Allemagne partout où elle aura été efficace. Cela nous amènera à nous interroger non pas sur ce vieux débat mort et enterré des 35 heures, mais sur le coût du travail qui tourne autour de 31 euros de l’heure contre 27,50 euros en Allemagne.»

M. MOSCOVICI est dans la même optique et nous explique que c’est logique. Notre compétitivité avec l’Allemagne y va de notre survie.

En 2013, le gouvernement porte un coup très fort valider par le MEDEF (plutot ecrit par lui) avec l’avilissement de la CFDT et de la CFTC.

L’ANI (l’accord de la trahison) désosse notre code du travail au nom de cette escroquerie qu’est la « COMPETIVITE ».

L’ancienne patronne du MEDEF (Laurence PARISOT) a mis en place les pions pour faire avancer les idées du patronnat au nom de la survie de la France qui selon elle est en danger.

Elle répété même sa rengaine en 2011 : «Ne pas voir que la question de la durée du travail a eu un effet sur la compétitivité de notre pays et a toujours un effet sur la compétitivité de notre pays, c’est vraiment refuser de voir une réalité en face».

Une divergence entre l’Allemagne et notre pays qui s’expliquerait par la politique «de compétitivité forte», menée par l’Allemagne dès le début de l’année 2000, caractérisée par une maîtrise des déficits publics, un effort d’investissement en recherche et «des réformes profondes du marché du travail». Alors qu’«à peu près au même moment, nous avons engagé en France la forte réduction de la durée du travail», a expliqué le président de l’institut, Michel Didier. C’est d’abord oublier que l’Allemagne a plus durement souffert de la récession en 2009 avec la modération salariale anéantissant la consommation intérieure. C’est surtout, sur le fond, un coût du travail étudié sans prendre en compte la quantité de biens et de services, de marchandises que la force de travail permet de produire en un laps de temps donné, ce qu’on appelle la«productivité du travail».

En 2009, le conseil des prélèvements obligatoires, une des antennes de la Cour des comptes, reprenait une étude du département du Travail américain démontrant que le coût horaire industriel moyen est moins élevé en France qu’en Allemagne, au Canada, au Royaume-Uni et en Italie. Ainsi, le coût du travail en France n’est pas le principal obstacle à la compétitivité française, puisque les coûts salariaux sont compensés par une productivité plus forte. D’autant que la recherche effrénée d’une compétitivité fondée sur les bas salaires est une illusion : sur ce terrain, effectivement, on ne concurrencera jamais les pays à bas salaires.

Augmenter la TVA et la CSG. Autre argument avancé : «Le poids de nos charges sociales ainsi que la taxation de l’industrie.» Selon certains économistes, il faudrait diminuer celles-ci de 10à 15milliards d’euros, et compenser en augmentant la TVA et la CSG. Or, la France ne consacre pas moins de 22 milliards d’euros par an à la baisse du coût du travail entre 1et 1,6Smic et, pour le moment, l’efficacité en termes d’emploi ou de compétitivité n’est pas avérée, au contraire. Peu importe, la bataille est avant tout idéologique puisque l’objectif est de «baisser de 5 % à 10 % les coûts de production dans l’industrie», au travers un «pacte de compétitivité industrielle ».

Nous avons donc fort à faire dans les début de l’année 2014 pour faire changer de politique notre gouvernement qui n’a gauche que le nom. Sa politique actuelle même Nicolas SARKOZY n’aurait pas rêvé mieux.

Et tout cela se passe devant nous sans réactions de la majorité de nos concitoyens qui semble désabuser par tant de trahisons et de cupidités.

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